Procès de Grenoble : Délibéré le 16 décembre 2008
blog.ehrmann.org

Salut les p'tits loups et louves,

Encore mille mercis aux centaines de supporters présents hier à Grenoble, bien que nous ayons prévenu les autorités judiciaires et administratives plusieurs semaines auparavant, la salle n'a pas été dimensionnée, et nombre d'entre vous ont dû rester à l'extérieur de la salle d'audience ou du Palais, même certains fidèles historiques et de la première heure n'ont pas pu rentrer... merci aussi aux fidèles qui étaient là ce matin à et à tous les Grenoblois et Isérois présents. Merci de tout coeur à tous les autres...

Deux jours en Enfer pour expliquer aux hommes en noir que la demande de la Mairie, que je qualifie toujours de "réacs sortis de l'arc républicain", de détruire 3123 oeuvres d'art est un acte criminel car il blesse le supplément d'âme que chacun porte en lui.

Du coté de l'avocat général et de la Partie Civile, je suis édifié du réquisitoire. Dans les premiers propos je suis qualifié de terroriste intellectuel. Même le Patriot Act de Rumsfeld et ses faucons est plus tolérant :

"Soumettez vous monsieur Ehrmann, la Demeure du Chaos c'est comme un accident de la route, vos visiteurs sont comme les automobilistes fascinés par le spectacle morbide..."

"Il faut au minimum entre 500 et 1000 ans pour statuer sur ce qu'est une oeuvre d'art et un artiste"
[à ce titre il faut donc flinguer à peu près 90% des artistes répertoriés à ce jour...] Note perso

"Il fallait faire la Demeure du Chaos dans des friches ou dans des lieux de déshérence"

"Vous aimez Saint Romain ou vous allez ailleurs !"

"Ca me rappelle une certaine phrase : "La France tu l'aimes ou tu la quittes"".

"L'afflux de plusieurs centaines de milliers de visiteurs monsieur Ehrmann c'est l'indice du mauvais goût"

Mais quelques minutes après, le même Avocat général me demande de me soumettre au plus grand nombre des habitants de Saint Romain. Paradoxe troublant de l'Avocat général qui si je suis le raisonnement m'indique donc que la masse des habitants de Saint Romain sont l'indice du mauvais goût.

Coté Mairie, on atteint des sommets, le Temple protestant que nous avons trouvé dans la Demeure du Chaos, appelé le Temple de Saint Romain de Couzon, identifié par les historiens et l'Eglise Réformée sans aucune ambigüité et référencé dans notre catalogue raisonné de la page 974 à 987 est une pure invention ! La Revel et sa clique crachent sur l'Eglise Réformée, manque de chance pour eux, ma famille d'origine allemande est protestante. Revel est bien la marionnette de Dumont. A un moment donné de l'audience, Dumont n'arrive plus à rentrer, Revel se décompose, que faire en l'absence de son mentor. Quant à Dumont, il restera prostré dans une posture de prière et de mortification qui lui donne une dimension profondément religieuse dans un Tribunal par nature laïc et républicain. Les attaques de la Mairie traduisent bien leur ligne politique ; il faut briser, casser l'homme, détruire les oeuvres, vomir les visiteurs, nier les artistes, réécrire l'histoire en niant l'existence du Temple protestant et surtout expliquer que les forces du Mal sont au coeur de la Demeure du Chaos. Eh oui ! On est en 2008, en France, dans une des principales Cour d'Appel, une phrase résume tout : un procès en sorcellerie.

En 48 heures, j'ai appris par les grands témoins cités par l'Avocat général, que l'oeuvre d'art doit êre incluse dans le contrat social, régie par le code de l'Urbanisme, par le permis de construire, par l'acceptation de la direction départementale de l'équipement, par le plan d'occupation des sols (POS) devenu Plan Local d'Urbanisme (PLU) ; que le questionnement de l'oeuvre d'art est en elle même un trouble à l'ordre public, un coup de canif au contrat social. L'oeuvre d'art doit être en harmonie avec le nuancier et le cahier des charges de notre architecte des Bâtiments de France. Duchamp doit se retourner dans sa tombe.

Nos 313 000 visiteurs en 2 ans, c'est l'indice du mauvais goût par un public hagard et désoeuvré. Nous sommes effectivement en état d'errance. Nous violons les valeurs bourgeoises et méprisons l'humilité des bonnes maisons pavillionaires à 900 000 euros de Saint Romain. Nous prônons par la Demeure du Chaos, la fin de l'ordre bourgeois, la destruction des valeurs morales, la rupture de l'harmonie, la violation du bien commun.

Au centre des débats, un président qui tient sa Cour, sobre, serein, il m'accordera sur les deux jours, plus de deux heures d'intervention. L'homme est secret, il entend le droit. Connaître sa conviction intime est pratiquement impossible, mais force est de reconnaître que par son autorité, les débats, les interventions si tragiques soient elles, ont eu le mérite de donner un état des lieux du contrat social, de sa bonne application et de la morale républicaine en 2008.

L'audition démarra avec cette déclaration :

"Monsieur le Président,

Mille fois la première question de mes visiteurs abasourdis de la Demeure du Chaos est
« pourquoi » ?

La réponse me replonge en 1999, quand après avoir dévoré le veau d'or dans le grand festin paganiste du siècle dernier, je cherchai à nouveau ce monde gnostique.

Ma seule rédemption passait de nouveau par cette terrible épreuve, renaître par ma damnation première, la démence que l'on reçoit comme une onction suprême à la naissance pour se transcender dans l'Art. Cette fureur maniaque, ma sulfureuse maîtresse sera de nouveau ma complice avec ses troubles de l'humeur.

Elle donnera la vie à ma plume pour écrire une longue, une très longue histoire qui naît de la nuit des temps, s'abreuve du chaos alchimique, prima materia de ce XXIème siècle tragique et somptueux pour s'incarner dans ma chair et mes Oeuvres et retrouver le monde des demeures philosophales.

Il fallait accomplir ce Grand Oeuvre, quel qu'en soit le prix, le hurlement des gueux, la vindicte des hommes en noir auxquels votre Cour appartient avec tout le respect que je vous porte, l'anathème des moralistes. Mais tous oubliaient, Monsieur le Président, que depuis la naissance du droit, il n'y a ni crime ni délit lorsque le prévenu est en état de démence ou contraint par une force majeure.

Cette démence de l'acte artistique, cette force majeure qu'est la folie créatrice permet à l'homme depuis des millénaires de bâtir des temples, des catacombes, des charniers, des lieux de génuflexion, des calvaires, des labyrinthes, des Golgotha, des oratoires, des chemins de croix, des sanctuaires, des prieurés, des cathédrales de lumière.

Tout cela, monsieur le Président, sont les mots qui désignent la Demeure du Chaos dont la dualité est l'Esprit de la Salamandre, le souffle alchimique de la Demeure.

Alors à la véritable question de la Cour, pourquoi cette noirceur ? je vous réponds simplement: quand vous verrez la noirceur, réjouissez-vous car c'est le début de l'Oeuvre…"

 

Une seule certitude, le Juge Suprême de ce Tribunal sera l'histoire de l'Art. Et chacun des protagonistes, magistrats, président, avocate générale, et les parties, ont contribué à écrire des lignes d'histoire de l'art qui hanterons le 21ème siècle.

thierry

PS : comme pour hier, les télévisions locales et nationales étant sur place pour couvrir, on attend les journaux TV du soir et de la nuit... si vous voyez un passage sur une télévision natio ou locale, ou entendez un passage sur une radio, vous pouvez nous le signaler sur contact@salamanderspirit.org et merci à tous ceux qui nombreux nous ont écrits à ce sujet.

 


 

La Spirale renaît de ses cendres avec l'édition spéciale "Aux portes du chaos" ; et notamment l'entretien sulfureux entre deux ronins, mené par Laurent Courau himself. Entre moi et Lukas, révélation, confidence, addiction, rédemption, prophétie, incarnation. Ames sensibles s'abstenir, 30 pages que Dante n'aurait pas renié dans l'Enfer, vous qui lisez ceci, abandonnez toute espérance...

La Spirale

La spirale et son équipe destroy était au coeur du procès à Grenoble avec Laurent Courau himself.

 

Soutenez-nous, SIGNEZ LA PETITION

Support the Abode of Chaos: SIGN UP THE PETITION!

LES COMMENTAIRES DES SIGNATAIRES ! - SIGNERS' COMMENTS

 

 

 

 

 

 

Cette lettre est éditée par Romain Libre, lettre satirique, dépôt légal, directeur de la publication : thierry Ehrmann

Pour vous dés-inscrire de la lettre d'information : http://list.homeofchaos.net